Les Wriggles

Le 10/12/2004 SALLANCHES (74)

Devenus ces toutes dernières années un des éléments incontournables de la chanson française, les Wriggles n’en finissent pas de se remettre en question et de tenter des expériences. Après quasiment un an d’absence, les cinq chanteurs-acteurs-musiciens-danseurs reviennent avec un nouveau spectacle qui laisse la place à de nombreuses nouveautés de mise en scène. C’est à Vincennes (94) puis à Sallanches (74) le lendemain que je découvre ce nouveau spectacle (qui a cependant été présenté 5 fois à Courbevoie (92) en mars 2004, et qui m’avait quelque peu décontenancé). Interview à suivre avec Kritof et Fredo.

Nous nous sommes croisés la dernière fois dans ma contrée chartraine, il y a tout juste un an. Vous en étiez au stade des projets. Tout s’est passé comme vous le souhaitiez ? On a effectivement travaillé sur ce nouveau spectacle pendant 3 mois, et on l’a présenté sur une dizaine de dates, dont cinq en banlieue parisienne. On a eu des bons retours et on a tenu compte des réactions du public pour faire quelques aménagements. Une fois le spectacle composé, on est passé en studio pour enregistrer tout ça pendant un mois, et puis on a pris quelques vacances ! On a recommencer à tourner début novembre, et pour l’instant, ça se passe très bien, les salles sont presque toutes complètes.

Justement, le nouveau spectacle a reçu un bon accueil ? Oui, apparemment, les gens sortent contents. Certains sont déçus de ne pas entendre plus de chansons qu’ils connaissaient, mais on en fait quand même six du dernier spectacle, et puis les nouvelles fonctionnent bien aussi. On y a mis plus de personnalité, plus d’émotion, visiblement, ça touche du monde.

Il y a pour ce spectacle des changements notoires, la présence d’accessoires (chaises) et surtout plusieurs instruments à la fois, guitares, cymbale... Vous avez voulu changer un peu de recette ? En fait, on a surtout fait ça naturellement, car ça nous semblait primordial de faire évoluer la formule, sans pour autant la changer. On est quand même encore cinq à chanter et les accessoires ne sont que des petits agréments pour donner plus de vie au spectacle. Musicalement, on a enrichi les chansons par plusieurs parties de guitare, et même si ça demande beaucoup de concentration pour jouer bien ensemble, ça apporte beaucoup...

Quand on a un spectacle visuel comme le votre, où les émotions et les gags passent autant par le son que par l’image, on fait comment pour retranscrire ça sur un album cd ? On tente de restituer au mieux l’ambiance de la chanson, mais c’est sûr que certaines ne peuvent pas avoir le même impact que sur scène, donc on ne les as pas enregistrées. Sinon, on essaye d’enregistrer dans les conditions du live, on chante à cinq en même temps, on garde la spontanéité, l’énergie.

Devant le succès du début de tournée, vous avez annoncé un concert au Zénith de Paris le 02 avril 2005. C’est plutôt étonnant comme choix de salle pour un groupe comme le vôtre  ! C’est notre maison de disques et notre tourneur qui ont cette idée. Nous à la base on est pas pour ce genre de salle car c’est pas notre univers. Le spectacle étant visuel, difficile d’apprécier si on est tout au bout du Zénith. Cependant, on va en profiter pour faire un spectacle plus long, on va faire plein de vieux titres, y a plein de gens qui vont venir faire la fête avec nous, et ça devrait être une belle soirée. Et puis le remplissage s’annonce bon, il y a apparemment beaucoup de demande.

Le groupe a maintenant atteint une renommée intéressante, ça devient très difficile de trouver des places deux mois à l’avance pour vos spectacles, et ceci sans passage radio ni télé (ou si peu). Comment vous expliquez votre succès ? On a la chance d’avoir des gens qui nous aiment bien et qui parlent de nous autour d’eux. L’essentiel de notre public s’est constitué par le bouche à oreilles. Et puis bien sûr, par toutes les admiratrices de Kristof, même si elles ont du mal avec sa nouvelle coiffure...(rires)

Et ce protocole sur l’intermittence, il vous a fait du mal ? En ce qui nous concerne, on s’en sort bien car on a beaucoup tourné, on a aussi vendu quelques disques, et pendant les vacances on en a profité pour bosser un peu et récupérer des cachets. Mais il est clair que maintenant qu’on est un groupe "établi", on est pas les plus visés par ce protocole. Le plus dur, c’est pour les petites structures car les artistes doivent déclarer un plus grand nombre d’heure, donc demander des cachets plus gros pour pouvoir payer tout le monde. Et les petites structures n’ont pas les moyens de payer un gros cachet. Donc plus de spectacle, ou alors pas déclaré, mais les artistes n’auront pas leur quota d’heures et n’auront pas d’indemnités... C’est très vicieux comme système !

Les Wriggles sont en tournée dans toute la France pendant l’année 2005. Leur nouvel album, « Moi d’abord », sort le 31 mars chez Atmosphériques.

http://www.leswriggles.com