[ciné] 9 songs

Michael Winterbottom (Grande Bretagne), 2005

A l’heure de la tv réalité, bienvenue dans l’intimité d’un couple, bienvenue dans les concerts live, bienvenue... Si le spectateur est placé d’emblée en tant que voyeur, du voyeurisme il n’en est point. Ce film qui divise s’entrecoupe de séquences de sexe et de séquences de concert live : Super-Furry Animals, Franz Ferdinand, Primal Scream, Dandy Warhols, les Von Bondies, Black Rebel Motorcycle Club, Elbow. L’histoire est des plus simple, celle de la rencontre d’un mec et d’une nana à un concert et voilà coup de foudre et rokenrol c’est parti pour 69 minutes de plaisir intense.

La lumière naturelle de la caméra DV nous fait pénétrer dans l’intimité du couple, leurs ébats, leurs concerts, et pour nous, que du live pour nos yeux. C’est chaud c’est sensuel, c’est rokenrol...

On aime ou pas, on y est sensible ou pas... On y retrouve en tout cas un certain fantasme qu’on se fait de ce qui va avec le rokenrol...

Et pourtant les avis sont assez divergents sur ce film. Ce qui fait qu’on accroche ? Peut être tout simplement le fait de se retrouver un peu dans ces deux personnages : Appart bordélique, actions instinctives, petits matins embués, concerts rokenrol, clope au réveil, bouffe de fin de frigo, du sexe comme on le fait au quotidien, un coup sur la table, des coups dans le lit, fellation... Finalement ces gens là, ça pourrait être nous. Ce n’est pas tant les groupes filmés qui font le rokenrol de ce film mais l’ambiance général et ces deux bouts de vie réunis pour un an.

Alors bien sûr on peut tout à fait rester insensible à cette histoire qui commence tout à coup, comme ça, et qui se finit aussi brutalement par un simple départ. On peut ne pas se retrouver dans ces deux personnages. On peut ne pas accrocher à ce qu’ils vivent. On hésite sur les actes sexuels non simulés. On peut trouver cette intimité froide et excessive. On peut ne trouver aucun sens à tout cela, oui trop c’est trop !!

Et on peut même ne pas aimer le rokenrol...

9 songs, Michael Winterbottom, 69 minutes (Grande-Bretagne).