Caesars est un groupe suédois qui joue un rock pop punk classieux, très mélodique, enveloppé dans de grosses nappes de synthés. Ce groupe est aussi et surtout une énigme car il est totalement occulté de la presse rock, et ne doit son (relatif) succès qu’à son titre "jerk it out", qui a été repris à la fois pour la pub du Ipod et pour une pub de shampoing. Evidemment, vu comme ça, ça ne donne pas envie d’aller les voir, ces vendus au grand capital...
Pourtant, ce serait une erreur de s’arrêter au mauvais goût de leur gestionnaire de carrière. Ce qui nous intéresse, c’est la musique, et la façon de la jouer sur scène. Et là, malgré la faible affluence et la petite forme du public (au début), on peut dire sans se méprendre que Caesars n’est pas un groupe formaté condamné aux jingles publicitaires. Dans une configuration où personne ne les connaissait vraiment - ils sont entrés sur scène dans un silence glacial - Caesars a réussi le pari de faire danser la Boule Noire et à se mettre des fans dans la poche. Guitares nerveuses, batterie cinglante, synthé omniprésent et surtout charisme phénoménal du guitariste, proclamé leader du groupe, alors que le chanteur, logiquement leader, se cantonne à son rôle pûrement musical et semble même parfois dépassé par les évènements. Le guitariste, lui, harangue la foule, parle un français presque impeccable, et semble très content d’être là. Il y a aussi un vidéoprojecteur qui passe des images en boucle aux couleurs psychédéliques sur le fond de la scène, ce qui n’enlève rien à la sensation agréable que procure un concert de Caesars. Peu de temps mort, et un set d’1h15 qui ne laisse pas sur sa faim.
Vraisemblablement que les producteurs de ce concert ont perdu beaucoup d’argent vu la faible affluence, et que ce test à la Boule Noire n’appellera pas d’autre concert du groupe avant un moment. C’est bien dommage pour tous ceux qui ont raté ça. Mais quand Caesars sera devenu un groupe culte, on sera bien content d’avoir vu le phénomène de près...