Superbus, The Servant et La Ruda au Gala de l’Ecole Polytechnique

Palaiseau, 04 Juin 2005

Polytechnique. Une école qui en fait rêver plus d’un. La plupart des élites de notre brave nation ont fait leurs classes ici, dans un décor verdoyant et serein. A Polytechnique, les occasions de s’amuser sont rares. Alors, une fois l’an, on déverse son trop-plein de frustrations militaires accumulées et on se lâche dans une grande soirée fourre-tout à l’américaine. Le concept ? Une boîte de nuit géante, des défilés de mode, un spectacle de l’hilarant Elie Semoun, des espaces "erotix", des cocktails innomables, des polytechniciens en tenue de soirée, et, raison de cette chronique et de la présence d’une délégation Rokenrol à cette soirée, des concerts.

L’espace "Rock" dédié au concert est situé à l’extérieur, surplombé par le bâtiment principal où, d’une rembarde, des gendarmes bedonnants semblent apprécier le début du concert de Superbus. A n’en pas douter ils sont charmés par la plastique et l’esthétique de Jennifer Ayache, la chanteuse "charismatique" du groupe. Musicalement, on peut pas dire que ce soit mauvais, mais on peut pas dire non plus que ce soit intéressant. Ce n’est peut-être même pas pertinent d’evoquer tout ça ici... Parle-t-on de rokenrol quand on évoque Superbus... ? Le débat est ouvert.

Quoiqu’il en soit, le polytechnicien moyen s’encanaille et la foule réagit. Il doit bien avoir 2000 personnes tassées devant la scène, et on atteint facilement les 3000 à l’arrivée de The Servant. Personnellement, je n’ai jamais vu un groupe aussi chiant sur scène de ma vie (et pourtant, j’ai déjà vu Oberkampf). Le leader, charismatique lui aussi, se trémousse devant un parterre de minettes polytechniciennes farouches. J’en dirai pas plus, c’était l’heure du défilé de mode des agences Elite (réputées pour leur sérieux et le respect de leurs mannequins). 3000 personnes pour les poppies anglais, au moins le double pour les anorexiques. Ambiance stade de foot avec de la techno en plus. Totalement dispensable de vivre un moment pareil. Coup de bol, je réussis à tromper la vigilance des placides gardiens et à m’incruster dans les loges pour boire des bières à l’oeil. J’ai même pas croisé Elie Semoun, mais rokenrol quand même !!!

Les anglais en ayant terminé avec leurs lamentations post-pubères sur la vie, l’amour, les fleurs et les boutons d’acné, La Ruda peut se permettre d’investir la scène. Je n’ai pas bien vu combien de monde il y avait car j’étais devant, mais l’ambiance, alcool et fraîcheur aidant, est plutot chaude et bon enfant. Par rapport à la dernière fois où je les avais vu, le bassiste Pee-Why a été remplacé mais le set est à peu de chose près le même, c’est à dire parfaitement huilé et d’une efficacité redoutable. Même si j’ai déja développé dans ces pages mon aversion pour la musique cuivrée, il se dégage avec la Ruda une énergie on ne peut plus rokenrol qui tranche avec les deux groupes précédents... Le public réagit bien et ça fait quand même plaisir de sentir plus de réaction, d’échange et de sourires que dans un sale défilé de mode formaté et racoleur. Le concert se termine sur des chapeaux de roues. Définitivement, la Ruda est un excellent groupe de scène qui s’adapte avec talent à son environnement.

Le reste de la soirée, entre auto-tamponneuses, Dj Benny Benassi et autres nullités du même genre ne restera pas dans les annales du rokenrol. En résumé, la Ruda a sauvé cette soirée par une prestation enjouée. Le reste fut aussi terne que l’uniforme des gendarmes omniprésents.

 LES PHOTOS

Photos : Ato