Je suis mitigé. Grandement partagé après ce concert au Gibus, ex-haut lieu des nuits parisiennes. Parlons du lieu, il est abject. Club, boîte de nuit, mais pas salle de concert, le Gibus doit sa réputation à ses nuits houleuses des années 80. Depuis, les consos sont toujours hors de prix (5 euros la bouteille de 25 cl de Kro) et les patrons sont toujours des trafficants d’arme notoires.
Ensuite, la soirée est organisée par Rock’n’Folk et Philippe Manoeuvre, le redacteur en chef qui confond la classe et la coquetterie. Au programme, 3 groupes dits de la "nouvelle vague" dont je n’avais jamais entendu parler : Tu seras terriblement gentille, Second Sex, The Naasts. Et bien sûr, raison de ma présence parmi ces bourgeois pédants et condescendants, les Wampas.
Le premier groupe commence, et balance une musique surf un peu aseptisée. Pas très nouvelle vague tout ça...mais on peut pas dire que ce soit désagréable. Ensuite, des enfants de 14 15 ans montent sur scène, habillés comme des marquis, des barons ou je ne sais quel autre ringard mal fagoté, il ne leur manque que le visage poudré pour être parfaitement ridicules. Pourtant, il faut bien constater que ces gamins savent jouer du rokenrol, même s’il est particulièrement grotesque de les entendre chanter "sex drugs and rock’n’roll". Je trouve déjà ce slogan pathétique dans la bouche d’adultes (ir)responsables, alors venant de jeunes gens à peine pubères... Globalement, c’est donc du vieux rock assez energique, joué de façon tendue et veineuse, mais qui manque singulièrement de saleté. Tout est beaucoup trop propre. On préferera se replonger dans ses bons vieux disques des années Mods, au moins, on ne peut pas douter de leur authenticité. Même topo pour the Naasts, mais en pire. Les gamins chantent en français, leurs paroles sont idiotes, et il n’y a même pas d’energie. Papy Manoeuvre a l’air aux anges, la relève est assurée pour son magazine branchouille et hautain.
Heureusement, les Wampas. Un grand coup de pied au cul de tous ces gens qui pensent que le rokenrol n’est qu’esthétisme, apparat et pose. La classe de Phil Almosnino n’est pas travaillée, répétée, elle est naturelle. Didier Wampas est un excentrique, il est extravagant sur scène, mais il ne calcule pas. Son energie n’est jamais canalisée pour tenter de faire un truc propre. Les Wampas, contrairement aux groupes sus-nommés, font de la musique car ils vivent pour elle. Et ils n’ont pas attendu qu’une bande de branleurs viennent passer leur dimanche après midi dans une boite pourrie pour montrer à tout le monde ce qu’est le vrai rokenrol...