Il y a des époques comme ça. On érige des groupes comme des fers de lance de tout un mouvement. Le Mass Média l’a décidé ainsi, le rock à Paris renait de ses cendres, et une pléthore de groupes jouissifs dépoussièrent une scène rock moribonde et ennuyeuse. Heureusement, les Naast et les Plasticines vont venir nous sauver. Les respectés Wampas concourrent même pour l’Eurovision. Le rock renaît disent-ils. Philippe Manoeuvre est formel.
Le souci, dans cette histoire, c’est que le rock, il n’a jamais été mort.
Pendant que les Plasticines déambulaient sur Canal Plus et que les Naast remplissaient avec peine (et beaucoup de journalistes) la Boule Noire, sortaient trois premières productions radicalement différentes mais attachées à un esthétisme classieux et une production de bonne qualité. Bizarrement, silence de Manoeuvre et Eudeuline.
Rokenrol est là.
FIRST PART - Lemon Juice
Jeune groupe des Yvelines, First Part a su se démarquer de ses influences punk mélodiques dites classiques pour s’orienter vers une musique plus travaillée et subtile, certes mélodique mais puissament interpretée. Les 6 titres de ce premier essai déroulent et évoquent Hot Water Music, Alkaline Trio et plus près de nous les ardéchois The Pookies. Des comparaisons qui ne devraient pas trop embarrasser les musiciens de First Part. Il est vraiment intéressant de constater l’évolution du groupe et son progrès scénique. A découvrir sur scène le dimanche 25 février à l’Espace B, rue barbanègre à Paris, en compagnie des Pookies et des autrichiens Creetins, dès 16h30.
Le myspace du groupe
The Famous NTM
Un nom curieux, des premiers concerts pas convaincants, du fait d’un grind core cliché et caricatural. Seul le formidable état d’esprit du trio pouvait laisser espérer un juste retour des choses. C’est chose faite avec ce magnifique premier disque, très bien emballé dans un beau digipack. Premier étonnement, le son, épatant, et surtout, les compos. On est loin du grind core. On aborde ici un hardcore, tantot rapide, tantot calme, maitrisé parfaitement. Je note surtout ces très nombreuses montées, qui annoncent le plus souvent une éruption de décibels. Curieusement, si l’on est au coeur d’un disque résolument hardcore et bruyant, je trouve qu’il y a un réel côté "pop" dans la façon de faire répondre les intruments entre eux. A ranger dans sa discothèque auprès d’Amanda Woodward, Portobello Bones et Tantrum. Rien que ça.
Le myspace du groupe
This Is Pop
Découverts l’an passé par le biais du site myspace, This is Pop est un power trio qui enchaîne depuis les dates dans les salles parisiennes, françaises, et anglaises avec brio et une certaine régularité. A la frontière du punk rock, de la pop, de la new wave, This Is Pop enfonce le clou avec ce maxi très produit. La boîte à rythme et les synthés claquent, les voix sont très présentes et les guitares abrasives juste comme il faut. C’est pêchu, tendance, jamais mièvre. Le groupe appuie une esthétique minimaliste et deuxième degré, sans verser dans les caricatures du genre. L’energie de ce disque dégage une urgence rare. C’est dansant et conscient. Emballant comme une révoluion sur le dance-floor.
Le myspace du groupe